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Ismaël Mahamadou
Ismaël Mahamadou

Né à Niamey (Niger) en 1995, Ismaël Mahamadou est un ancien danseur professionnel. Il découvre la photographie en 2019. Passionné par ce médium, il se forme en autodidacte et se fait connaître avec son studio mobile, décalé et entraînant, lors des soirées de Niamey. Il débute par des travaux de commandes avant de développer un travail plus personnel à son arrivée à Dakar en novembre 2019. Ses thèmes de prédilection sont l’identité, les personnes invisibles dans la société et l’Homme dans son environnement. Son travail s’inscrit dans un projet plus général de réappropriation et de valorisation de l’identité africaine ainsi que dans une démarche de changement et de transmission en mettant en exergue les problématiques de notre temps.

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Dakar Nostalgie, 2020 (autoportraits)

A travers ces autoportraits, l’artiste met en évidence un sentiment complexe où se mêlent mélancolie, nostalgie et espoir que l’on peut ressentir lorsque l’on quitte son pays pour un autre. L’artiste se dit « être enfermé » avec sa compagne, plus absente que présente. Parfois, absente même quand elle est présente. Alors qu’il commençait à sortir et à se sentir à l’aise à Dakar, le virus l’a, à nouveau, forcé à rester à la maison, à errer en ressassant les moments passés au pays natal. Il se réfugie alors sur l’ordinateur, travaillant sur la seule matière qui était à sa disposition : lui-même.

Free your mind, 2020

Dans cette série, l’artiste met en lumière cette complexité qu’entretiennent les Africains entre eux. Il a décidé de photographier ses amis venant de pays différents, avec leur carte d’identité. Le fond utilisé est celui des commissariats pour prendre en photo les criminels. C’est parfois comme cela que les Africains se perçoivent entre eux sur leur propre continent. L’artiste appelle les Africains à se libérer, à refuser les frontières, morales comme physiques. Pour lui, « circulation » est le maître mot du XXIe siècle, étant également celui qui caractérisait les cultures africaines historiques.

Sur les traces du sel rose, 2020 (photoreportage)

Situé à 28 km de Dakar, le lac Retba est plus connu sous le nom de Lac Rose. Suite à une grande sécheresse dans les années 70, tous les poissons et les végétaux sont morts et se sont décomposés, laissant des algues et des micro-organismes maritimes. La journée, quand le soleil est au zénith, les algues remontent à la surface de l’eau et dégagent des ultra-violets au contact du soleil et du vent donnant cette couleur au lac, qui est passé de 25 km de long à 5 km. Quant au sel qui y est ramassé, il est destiné à la conserverie de poisson et exporté dans la sous-région. Une fois sec, il perd sa couleur rose si particulière et devient blanc, un peu gris, comme la sueur de ces travailleurs. L’artiste rend hommage à ces hommes et à ces femmes qui travaillent sans relâche pour subvenir à leurs besoins en mettant en relief le décalage visuel entre cette couleur rose, si douce et apaisante du sel encore humide, à la couleur changeante et le labeur terrible des travailleurs.

Dibi Rek !, 2020-2021

En wolof, « De la dibi et c’est tout ». La dibiterie ou « dibi » est une institution à Dakar ; c’est le lieu où l’on mange de la viande grillée, comme au Niger. Ce sont les Haoussas du Niger qui ont ramené leurs grills et leur goût pour la viande au Sénégal. « Dibi Rek » est aussi un clin d’œil au tube d’Ismaël Lô, le musicien sénégalais né à Dogondoutchi, Niger. Cette chanson d’amour, sortie en 1994, est connue de tous au Sénégal. Ismaël Mahamadou nous parle aussi d’amour, d’amour pour la viande, en se focalisant autour des dibiteries, rendant hommage à ces Nigériens installés à Dakar.

Dibi Rek !

 

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